cérémonies d'engagement 

M & L  :

M. et L. vous vous êtes rencontrés dans une cuisine chez des amis.

M. , vous avez cru voir un soleil dans une nuit de décembre.

L. vous fûtes touché par le teint de Lune de M.

Le soleil vint à Paris où il fit votre conquête patiemment dans tous les musées de la capitale ! Où parfois comme le chante Trenet "le soleil a rendez-vous avec la Lune mais la Lune n'est pas là et le soleil l'attend."

Une lettre, deux, trois, puis des dizaines vous racontaient déjà sur vous et lui ce qu’on ne vous avait jamais dit.

Une fois, deux fois, tant de fois vous avez reconnu son pas dans l’escalier.

Et toujours ce sourire. Et cette veste en cuir épais. Infiniment jeune il faisait.

Vous aussi L. avez reçu de M des lettres, tant de lettres, oui vous partagiez déjà des secrets ensemble, oui vous n'étiez jamais las de parler, de rire, oui vous vous aimiez déjà.

Un beau jour d'été, vous étiez sur le boulevard St Germain et vous L; avec votre sourire ensoleillé vous avez dit à votre élue : "ça suffit toutes ces navettes entre nous, il est temps de nous poser ensemble.  L’un sans l’autre, rien n’a plus de saveur, ni les matins d’automne, ni les salades d’été, ni les livres graves, rien, pas même les rires des enfants" (...)

J. & V.

Votre rencontre J. & V. aurait fait les délices du grand réalisateur américain des plus jolies comédies qui existent, j'ai nommé le grand Lubitsch.

En effet, combien de fois, tels les personnages de l'illustre Shop around the corner vous vous êtes bousculés sans manières dans la même petite brasserie fort chaleureuse où tous deux aviez vos habitudes ; un steack tartare pour Monsieur - hé oui je sais tout - et un filet de poisson brocolis pour Madame. C'est que travaillant dans la même tour mais pour deux sociétés concurrentes rien ne vous prédestinait à vous retrouver ici en cette belle journée pour célébrer une rencontre tout à fait cinématographique mais ô combien réelle. C'est en effet grâce à l'entremetteur fort efficace qu'est internet via un site de cuisine en ligne que si j'ose dire la sauce entre vous a pris ! Et pourtant que d'obstacles ! (...)


noces de diamants de R. et A.

 Ecrire l’histoire d’un demi-siècle d’amour n’est pas une sinécure.

 Nous devons remonter le temps jusqu'en l’année 1947. Qu'est ce qui se passait en cette année-là ?

Deux types  découvraient un crâne d'australopithèque, une dame paraît-il ; le polaroid fit son apparition ; et  une météorite de 70 tonnes tomba en Sibérie !

Pendant ce temps et très sagement, la jeune et charmante Raymonde finissait brillamment ses études d’infirmière ; elle avait 20 ans. C'est ainsi qu'elle arpente à bicyclette  chaque matin les routes de son village où le travail ne lui manque pas.

 Et André, il était où ? Il travaillait comme ouvrier journalier dans le Nord de la France et ne voulait surtout pas manquer son week-end à l’Estaminet « Le Canon » à Menin où on dansait beaucoup et tenu par Coralie et ses deux belles jeunes filles, dont Raymonde l’aînée qui servait les bières flamandes.

 André attendait toujours le bon moment à la fin de la soirée pour inviter la belle jeune femme à danser, mais la patronne Coralie n’aimait pas voir sa fille danser et rire avec un ouvrier. Parce qu’André la faisait rire, ce qu’il a toujours fait, encore aujourd’hui après 50 années de vie commune ! (...)

texte d'une absente à une fête d'anniversaire

J'aurais aimé ce matin laisser mon jardin, mes chiens, mes abeilles, mes projets

de théâtre à écrire, mes ambitions de juin, mes bonnes résolutions du matin

J'aurais aimé laisser tout ceci et mettre à mes pieds mes nouvelles chaussures

Clergerie, ma robe en soie rouge, du vernis sur mes vingt doigts et mes diamants aux

oreilles offerts par mon homme à qui j'aurais demandé dix fois en trente

minutes si encore et au bout de ces années et malgré le manque de sommeil et

les déceptions de la vie qui marquent un visage si encore il me trouve jolie.

J'aurais aimé si tôt ce matin par la fenêtre ouverte de la voiture qui nous mène

à la gare, j'aurais aimé le chant du merle qui se glisse dans l'habitacle nous

pinçant le coeur de bonheur

J'aurais aimé dans le train refaire le monde avec celui qui m'aide à défaire mon

lit chaque nuit, rêvasser sur d'autres possibles, et nous moquer encore des

passagers aux airs sérieux

J'aurais aimé voir sa famille un peu la mienne quand même ; d'abord Mamatje

dont les joues sont aussi douces que les antiques étoffes de coton qu'on appelle indienne 

et puis Papatje dont le regard moqueur pique toujours un peu les égarées comme moi (...)